• La Maladie du Grand Méchant Loup.

    Cadeau pour vous, un début de nouvelle fraichement écrit. Comme d'hab, c'est pour bosser mon style, et rien d'autre, alors si y'a une suite, ça relève vraiment du miracle...




    Grand Méchant Loup agréé et reconnu, bien que ne se distinguant par aucun fait d'armes, ni par aucun conte à son sujet, Sir Fallo de Versager ne manqua pas de soigner son apparence pour le repas du Congrès Annuel du Hurlement.
    Il s'assit au milieu de ses collègues, à l'une des grandes tables sous le chapiteau, et attendit patiemment le discours de l'Historien, le doyen de tous les loups, tout en s'efforçant de ne pas regarder le menu.
    L'Historien se racla plusieurs fois la gorge, but un verre d'eau, se gargarisa, et reprit l'opération jusqu'à ce que le tumulte de la salle soit remplacé par un silence gêné.
    Une mouche le rompit, et on entendit un « Bzzzz » pendant quelques secondes, puis un claquement vif de mâchoires, et le silence revint à la
    charge.
    Il y eut un bruit de succion, tandis que l'Historien tentait d'extraire un bout de viande d'entre deux moignons de dents, puis alors qu'il commençait son monologue, la concentration des loups augmenta : «Inutile de vous appeler « mes frères », car je ne crois pas a cette stupide histoire qui dit qu'une grande louve mit au monde tous les loups en une seule portée(1). Nous vivons une année désastreuse, c'est pourquoi nous avons soigné le repas, nous pensons que cela pourrait être le dernier congrès. Un grand nombre des nôtres ont péri, vous avez noté que deux tables ont été supprimées, et que vous avez plus de place pour vos coudes que l'année précédente. Tous les Grands Méchants Loups qui ont succombé à l'épidémie de rage, ou à la faim, ceux qui ont marché sur un piège, ou qui ont rencontré un chaperon rouge trop agressif, ceux-là ne représentent qu'une infime partie de ceux qui manquent à l'appel. Le Roi nouvellement nommé à crée un Comité de Neutralisation des Loups, et ils sont d'une efficacité redoutable. C'est pourquoi je vous prie de prendre bien garde, et de bien profiter de cette journée. Bon Appétit à vous ! »


    Il s'affaissa un peu, fit quelques pas sur le coté, et s'étala tout doucement sur le sol. Les loups restèrent quelques instants incertains, jusqu'à ce qu'ils distinguent clairement les quelques carreaux d'arbalète dépassant du dos de feu l'ex-doyen.

    Fallo de Versager, en loup accompli, s'arma aussitôt de ses couverts, et s'apprêta au combat. Pourtant, un doute le tenaillait. Il leva les yeux, et plongea sur le coté, juste à temps pour éviter une pluie de flèches. Il sortit en trombe du chapiteau, priant pour que les archers cachés dans le toit aient trop à faire pour le remarquer. Les deux jumeaux Balcut étaient deux paysans du pays et s'étaient enrôlés pour la prime. Ils avaient toujours vécu ensemble, et absolument tout fait ensemble. Du premier repas au premier coït, ils étaient maintenant deux beaux jeunes garçons, et avaient développé l'art d'être en constante communication. En voyant le loup arriver en courant, ils levèrent leurs piques en hurlant « Halt... » et moururent à la même seconde, chacun s'écroulant avec une fourchette plantée dans l'œil gauche.


    Fallo ne s'arrêta même pas pour dissimuler les corps, il se contentait de se concentrer sur l'élément capital du moment, à savoir qu'un grand nombre de gens voulaient sa mort, entre autres, et qu'ils étaient derrière lui. Aussi, fuyait-il dans la direction qui lui semblait la plus sûre, à savoir droit devant lui. Il s'arrêta néanmoins à quelques centaines de mètres de sa cabane, constatant qu'un grand nuage noir s'élevait du lieu où elle aurait dû se tenir. Il s'engagea alors dans la forêt la plus proche. Une heure plus tard, essoufflé au fond d'un ravin, il prit définitivement conscience de la situation désastreuse dans laquelle il était...




    (1)C'est une légende connue, et applicable à a peu près toutes les mythologies, à un « insérer ici le nom de l'espèce désirée » près. Comme toutes ses légendes, elle à ses incontournables détracteurs qui clament haut et fort : « C'est pas possible, un peu de bon sens. », malheureusement pour eux, non seulement ils passent pour une bande de terre-à-terre niaiseux, mais il se pourrait qu'ils se trompent du tout au tout.



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