• La peinture...

     

    La peinture est un art fascinant dont on ne peut cependant pas expliquer pourquoi il touche. Telle est la question dont je chercher encore la réponse :
    Qu'est-ce qui fait qu'un tableau, une fresque, un lieu de peinture me touche ?

     

    Qu'est-ce qui fascine dans un tableau, qui fait que telle oeuvre plutôt que telle autre nous arrête et qu'on ne peut s'en détacher, ou que l'oeuvre nous appelle ?
    En ce qui me concerne, car il n'y a bien sûr pas de règle générale, je dirais que c'est le sentiment que dans cette oeuvre-là il y a quelque chose qui pense, et qui pense sans mots. Je suisquelqu'un qui parle et qui écrit, ma pensée se fait avec des mots, elle se cherche, s'exprime, et une peinture pense de façon non verbale ; et certaines peintures m'attirent, me fixent, m'arrêtent, me parlent comme si elles avaient quelque chose à me dire, or en fait elles ne me disent rien, et c'est cette fascination-là, cette attent, qui m'arrête et me fixe.

    "La silencieuse puissance de la peinture" Delacroix.

     

    J'ai constaté que la venue de l'émotion pouvait se produire de deux façons différentes.

    Premièrement, le choc, la surprise, l'émotion pure qui ne se verbalise pas. C'est donc le premier type d'émotion que peut procurer la peinture, une surprise qui, par exemple, est un choc visuel coloriste ; le coloris touche et appelle.

    Le deuxième type d'émotion c'est quand, avec le temps, avec la durée, avec le fait de revenir, peu à peu les couches de sens, cette accumulation de sens, de réflexions, de méditations du peintre, apparaissent. La peinture soulève un pan, puis un autre pan, et peu à peu une intimité se fait. On fini par rejoindre un horizon jamais entièrement atteignabke, et par se rapprocher d'une intimité de l'oeuvre telle qu'elle a été demandée, réalisée et regardée ou vécue.

    Il y a donc cette double émotion : lémotion choc devant, et complémentairement, l'émotion de la densité de pensée qui est confiée à la peinture. Et c'est d'ailleurs ce qui me gêne dans la peinture : travers ses matières, ses formes, il y a quelque chose qui penser et je n'ai que des mots pour en rendre compte, en sachant pertinemment que ces mots ne recouvrent pas l'émotion dégagée. Donc, c'est le tonneau des Danaïdes. Je pourrai toujours remplir par des mots et des mots, je n'atteindrai jamais la qualité spécifique de l'émotion d'un tableau de peinture. Même quand le tableau, ou une fresque, a été compris, y revenir c'est affronter de nouveau le silence de la peinture...


    Photo et Texte : Moi ; Eni...

  • Commentaires

    1
    souris
    Mercredi 20 Décembre 2006 à 22:43
    culllll
    t'es pas mort, c'est trop cûl. Ps : paris ca pue vraiment.
    2
    Julien
    Lundi 10 Septembre 2007 à 14:23
    Merci Daniel Arrasse
    Sympa, ce texte de Daniel Arrasse
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