• Le gyroscope psychologique, le yin et le yang, et la balance de la sagesse et de la folie ont rendu leur verdict. Et face au déséquilibre naturel qui a été voté à l'unanimité, je présume que je n'ai plus d'autre choix que de succomber à de subites et destructrices pulsions faisant appel à des fonctions motrices, indispensables à l'être humain qui voue sa vie à la dérouler comme un roman. A savoir, taper dans des murs, envoyer des messages entrecoupés et sans aucun sens, et devenir tellement hyperactif qu'on utilise l'echelle de Richter pour se définir.
    Malheureusement, la grande majorité des écrivains du monde oublient que lorsqu'on est un serpent, le petit animal acculé est parfois une mangouste. Lorsqu'on est un mec qui tape dans un mur, il est parfois en crépi.

    Aïe.

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  • Et si les monstres nous envahissaient, dans nos nuits bien trop froides? Si leurs quatres yeux nous regardaient dormir l'air de rien, pendus au lustre, cachés dans la couverture des livres qu'ils ont rongé de l'interieur pour s'y confectionner un abri douillet? Le tentacule du plus gros s'agite, et voilà qu'une armada pleine de poils se dirige résolument vers le pauvre enfant dormant que nous sommes.
    Prudemment, silencieusement, ils escaladent les armatures du lit, s'accrochant de leurs canines pointues au noeuds d'un bois qui ne l'avait surement pas mérité. Ventouses, griffes et autres attributs sont mis à rude épreuve pour atteindre le sommet d'un monde définitivement trop grand pour eux... Deux rangés de créatures de chaque coté du dormeur, prêtes à faire leur office. Un petit cri suraïgu, à la limite de l'audible, et, comme une seule chose, des centaines de petits muscles gélatineux bandent sous l'effort... Doucement, la couverture revient sur nos épaules, afin qu'inconsciemment, la nuit continue bien moins seul.

    ( en 3 minutes hier soir pour les besoins d'une amie qui saura en faire bon usage... j'ose l'esperer... )

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  • Citation de moi même à ma soeur dûe à ce fameux jeu:
    "Putain, c'est vraiment laid tout ça, j'aime pas la vie, je préfère jouer avec la mort."

     C'est une private joke destinée aux amateurs.
    Et c'est sensé servir de preuve que ce blog existe toujours.

    See you. 


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  • Il y a quelques années de ça, crétin sans avenir, clubbeur à mes heures perdues, amateur de Tryo, de fesses de jolies filles, et ressemblant à un panneau publicitaire pour Levis, j'ai décidé de vendre mon âme au Diable pour le principe. J'ai alors commencé à rencontrer des gens dont l'éventail des capacités intellectuelles leur permettait de vaincre une amibe au échecs, j'ai aussi pu m'interesser à la littérature, à la musique, à m'ouvrir au monde... Evidemment, il y avait des contreparties. Le Malin estime, à juste titre, que c'est plus rigolo si le total des bénéfices est négligeable par rapport au moindre des maux que celà implique.
    Notamment, j'ai gagné dans l'affaire une conscience, et une vingtaine de centimètres de cheveux. Ma vie à radicalement changé ( excepté en ce qui concerne le posterieur d'une partie non négligeable de la population: celle qui se retourne avec un air hargneux dévoilant un décolleté fantastique et un poing américain bien décidé à être plus qu'une arme de dissuasion. )
    Bref, ma vie suivait son cours, et tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes jusqu'a la semaine dernière...

    Quelque chose me tracassait, et il est bien connu que les amis sont nos pires miroirs psychiques.
    Le Tompouce me dit: "Hé, mais t'as une âme???"
    Révélation. Choc. Tilt, et toutes les extraballs qui s'ensuivent. Mon âme, telle la queue du lézard laissée volontairement en arrière pour sa survie, a commencé à repousser.
    Passée la première émotion, je me décidai donc à la cultiver autant que possible, une belle âme comme ça, ça peut se revendre une fortune, et mon précédent client m'avait laissé son numéro.
    Pas de bol, je tombe sur sa secrétaire: Monsieur est occupé avec un certain général Chilien et il doit réserver quelques suites pour des personnages importants...
    Bien, je dois me la trimballer pour le moment, mais j'ai peur qu'elle me fasse faire des conneries, et il est stupide de s'ouvrir à de nouveaux marchés. Si vous êtes interessés par une âme bien fraiche, modelable à volonté, contactez moi!

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    La peinture est un art fascinant dont on ne peut cependant pas expliquer pourquoi il touche. Telle est la question dont je chercher encore la réponse :
    Qu'est-ce qui fait qu'un tableau, une fresque, un lieu de peinture me touche ?

     

    Qu'est-ce qui fascine dans un tableau, qui fait que telle oeuvre plutôt que telle autre nous arrête et qu'on ne peut s'en détacher, ou que l'oeuvre nous appelle ?
    En ce qui me concerne, car il n'y a bien sûr pas de règle générale, je dirais que c'est le sentiment que dans cette oeuvre-là il y a quelque chose qui pense, et qui pense sans mots. Je suisquelqu'un qui parle et qui écrit, ma pensée se fait avec des mots, elle se cherche, s'exprime, et une peinture pense de façon non verbale ; et certaines peintures m'attirent, me fixent, m'arrêtent, me parlent comme si elles avaient quelque chose à me dire, or en fait elles ne me disent rien, et c'est cette fascination-là, cette attent, qui m'arrête et me fixe.

    "La silencieuse puissance de la peinture" Delacroix.

     

    J'ai constaté que la venue de l'émotion pouvait se produire de deux façons différentes.

    Premièrement, le choc, la surprise, l'émotion pure qui ne se verbalise pas. C'est donc le premier type d'émotion que peut procurer la peinture, une surprise qui, par exemple, est un choc visuel coloriste ; le coloris touche et appelle.

    Le deuxième type d'émotion c'est quand, avec le temps, avec la durée, avec le fait de revenir, peu à peu les couches de sens, cette accumulation de sens, de réflexions, de méditations du peintre, apparaissent. La peinture soulève un pan, puis un autre pan, et peu à peu une intimité se fait. On fini par rejoindre un horizon jamais entièrement atteignabke, et par se rapprocher d'une intimité de l'oeuvre telle qu'elle a été demandée, réalisée et regardée ou vécue.

    Il y a donc cette double émotion : lémotion choc devant, et complémentairement, l'émotion de la densité de pensée qui est confiée à la peinture. Et c'est d'ailleurs ce qui me gêne dans la peinture : travers ses matières, ses formes, il y a quelque chose qui penser et je n'ai que des mots pour en rendre compte, en sachant pertinemment que ces mots ne recouvrent pas l'émotion dégagée. Donc, c'est le tonneau des Danaïdes. Je pourrai toujours remplir par des mots et des mots, je n'atteindrai jamais la qualité spécifique de l'émotion d'un tableau de peinture. Même quand le tableau, ou une fresque, a été compris, y revenir c'est affronter de nouveau le silence de la peinture...


    Photo et Texte : Moi ; Eni...

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